09 janvier 2023
Particuliers comme professionnels, la hausse des prix de l’énergie est un véritable problème.
Face à cette flambée des coûts, le gouvernement a accordé des aides aux boulangers. Mais les restaurateurs réclament aussi un coup de pouce de l’Etat pour pouvoir s’en sortir face à des factures qui peuvent parfois être multipliées par 10.
Guillaume Fralon, gérant de l’établissement Le Crocus à Charancieu, n’est pas épargné. « On est passé de 1 800 euros en décembre 2021, à près de 8 800 euros en décembre 2022, tout en consommant moins », constate-t-il. « On fait attention sur le chauffage, on a décidé d’éteindre le four à pizzas les lundis midi. C’est comme ça depuis le mois d’octobre. En gros, sur les quatre derniers mois on a payé plus de 24 000 euros d’électricité, alors qu’avant, on payait 23 000 euros sur une année complète ».
Une situation inquiétante pour la profession, qui a déjà connu des périodes compliquées ces dernières années avec la pandémie ou encore le manque de main-d’œuvre après la crise sanitaire. « Moralement, c’est très fatigant. On a envie de développer notre affaire, mais la situation nous freine. On est à l’inverse de ce que l’on devrait faire pour l’économie. On est plusieurs à se demander si on ne va pas fermer plus, on n’a pas envie d’embaucher… On va tout freiner. On a toujours la même passion, mais c’est usant », confie le chef d’entreprise.
Très concrètement, comme l’UMIH, le principal syndicat de l'hôtellerie-restauration Guillaume Fralon réclame des tarifs de l’énergie réglementés. « On ne peut pas vire d’aides en permanence. On a déjà été très bien aidés pendant le Covid. Ces aides sont éphémères. J’attends vraiment des tarifs encadrés en faisant du cas par cas. Toutes les situations sont différentes, on ne consomme pas tous de la même manière », conclut-il, avec la crainte « qu’il y ait beaucoup de casse dans les mois à venir » dans son secteur d’activité.
Ce vendredi 6 janvier, à l’issue d’une réunion avec les fournisseurs, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, a annoncé que les TPE ne paieront « pas plus de 280 euros le MWh en moyenne » en 2023. Pour cela, les entreprises concernées devront remplir un formulaire disponible sur le site des impôts et ensuite le renvoyer à leur fournisseur.
Par Baptiste Berthelin