La première semaine du procès de Nordahl Lelandais s’est achevée peu avant 19 heures ce vendredi 4 janvier à Grenoble.
Un cinquième jour de procès durant lequel l’ancien maitre-chien a notamment été interrogé sur l’agression sexuelle de sa filleule en juillet 2017. « Je reconnais les faits commis sur ma filleule. Je l'aime, je l'ai beaucoup aimée. J'ai été lâche, c'est dégueulasse. Je l'ai fait quand elle dormait parce que je suis incapable de faire ça sur une petite fille éveillée », a immédiatement déclaré l’accusé lors de sa première prise de parole, avant d’assurer qu’il n’avait jamais agressé sexuellement la petite Maëlys De Araujo : « La famille De Araujo se pose la question. Je le dis solennellement, je ne l'ai pas fait sur Maëlys. Je préfère en rester là parce que je serai incapable de répondre aux questions qui vont être posées. Je préfère laisser les experts répondre », a-t-il ajouté.
Avant ces déclarations, la mère de la petite fille, âgée de 4 ans au moment des faits, est venue s’exprimer à la barre. Elle a affirmé son souhait « d’avoir des réponses à (ses) questions ». Elle est revenue sur le passé, le parrain que Nordahl était pour sa fille. « On l’a choisi car il était très proche de mon mari (le cousin de Nordahl, ndlr). Quand il venait, ça se passait super bien. Elle n’avait d’yeux que pour lui », se souvient-elle.
La mère de famille, âgée de 37 ans aujourd’hui, a évoqué les faits il y a trois semaines avec sa fille : « Je lui ai dit que son parrain avait touché des parties de son corps, et que ce qu’il avait fait était interdit. Qu’il l’avait filmée. Elle a pleuré, beaucoup pleuré. Le lendemain, elle ne voulait plus aller dans son lit, avait peur de se mettre nue », explique-t-elle.
Un choc également pour la grande sœur de la victime : « Elle sait qu’on est là aujourd’hui. Elle est très angoissée. Elle a pleuré en classe. Elle dort avec sa sœur le soir et elle fait des cauchemars. Mais je lui ai dit de garder ce secret-là ».
« Pendant quatre ans, on est devenu des experts en mensonge »
Les parents de la fillette ont appris l’existence de cette vidéo plus tard, lors d’un appel de la gendarmerie. « Les gendarmes m’ont dit qu’il y avait une deuxième vidéo (la première concerne une autre cousine de Nordahl, ndlr). On est allé au commissariat le lendemain. On n’a pas visionné la vidéo, seulement les photos. On a reconnu les draps Reine des Neiges », ajoute-t-elle.
Ensuite, la fillette a dû subir un examen gynécologique. « On lui a fait croire qu’à partir d’un certain âge il fallait faire cet examen. Pendant des années, on n’a fait que de mentir. Pendant quatre ans, on est devenu des experts en mensonge », confie, en larmes, la mère.
Aujourd’hui, les parents ont expliqué à la petite que Nordahl était parti vivre à l’étranger, « sur un coup de tête ». La fillette a désormais un nouveau parrain.
« Aujourd’hui je ne l’appelle plus mon cousin, je l’appelle NL »
Le père de famille s’est ensuite présenté face à la présidente. Il reconnaît que Nordahl Lelandais était « un très bon parrain ». « Il arrivait toujours avec un présent, il était toujours serviable. Un bon tonton, un bon parrain ».
Mais aujourd’hui, ce cousin, avec qui il était très proche, n’est plus que « NL ». « Je ne l’appelle plus mon cousin, ni par son prénom, je l’appelle NL. Je n’ai même plus envie de l’appeler », ajoute-t-il.
Le père de la filleule de #Lelandais est interrogé par son avocate Me Remond "Aujourd'hui votre fille a 8 ans. Vous la laisseriez passer la nuit chez une amie ?
— Radio Isa (@RadioIsa38) February 4, 2022
- Non, je préfère la protéger. La garder avec moi."
Il reconnait également avoir eu des contacts avec lui après la disparition de Maëlys De Araujo. « Après sa première garde à vue, il m’a appelé. J’avais confiance. Je lui avais dit que l’on allait trouver », explique le père de famille qui a fait une dépression fin 2018 et qui a été hospitalisé en psychiatrie.
La vidéo de l'agression visionnée par la cour
C’est un moment que beaucoup de parties civiles n’ont pas voulu vivre : le visionnage de la vidéo de l’agression sexuelle de la petite fille de 4 ans. La mère et le père, comme les parents de la petite Maëlys, ont notamment quitté la salle avant sa diffusion. Nordahl Lelandais a, lui, baissé le regard, regardé ses pieds.
L’ancien maitre-chien a ensuite été interrogé par la présidente. La famille de la fillette était venue à ces assises pour connaître la vérité, mais l’accusé n’a pas apporté plus de réponses, il a expliqué « qu’il était incapable d’expliquer pourquoi » il avait fait ce geste. « Je ne voulais pas lui faire de mal, pas aller plus loin », ajoute-t-il, avant de concéder que la consommation d’alcool et de stupéfiants n’est pas à l’origine de cette vidéo : « C’est moi, je suis responsable, pas la drogue ni l’alcool ».
"Vous éprouvez du plaisir quand vous faites ça ?", interroge la présidente.
— Radio Isa (@RadioIsa38) February 4, 2022
"C'est du sexe, c'est une forme de plaisir. Mais je me dit pas que c'est pas une petite enfant" répond Nordahl #Lelandais.
A la sortie de l’audience, Maître Caroline Rémond, l’avocate des parents des deux petites cousines de Nordahl Lelandais, s’est exprimée à notre micro. Elle est revenue sur le peu de déclarations de l’ancien maitre-chien :
Pour Maître Fabien Rajon, l’avocat de la famille maternelle de Maëlys De Araujo, « le château de cartes est en train de s’écrouler » :
Le procès reprendra lundi devant la Cour d'Assises de l'Isère. Il sera notamment question de l'agression sexuelle de l'autre cousine de Nordahl Lelandais.
Par Baptiste Berthelin
L'intégralité de ce cinquième jour de procès est à revivre sur le compte Twitter de Radio ISA.