Allergies : tous les conseils d’une allergologue


04 mai 2022

Le retour du printemps marque aussi celui des allergies.

Nez qui coule, yeux rouges, éternuements, toux… Cette période n’est jamais simple pour tous les allergiques au pollen. Alors comment se protéger ? Comment se soigner ? Toutes les réponses du docteur Nathalie Schneider, allergologue à Meylan.

Tout d’abord, quel est le calendrier des allergies ?

Les allergies commencent en général fin février, début mars, avec les pollens d’arbre. Dans notre région ce sont surtout les pollens de bouleau et de frêne qui provoquent allergies, donc des rhinites, des conjonctivites… Après, un peu plus tard dans la saison, ce sont plutôt les graminées, ce que l’on appelle communément le rhume des foins. Cela arrive vers le mois de mai, juin, mais aussi un peu juillet. Ce sont aussi des allergies qui font couler le nez, les yeux grattent, on éternue, et ça peut aussi provoquer de l’asthme. C’est une maladie allergique qui est un peu plus évoluée.

Quels conseils donnez-vous pour les limiter ?

Dans un premier temps, on peut prendre un traitement que l’on trouve en pharmacie comme les antihistaminiques qui fonctionnement très bien. Ça va à la fois calmer les symptômes que l’on a au niveau du nez, des yeux. Ça ne sera pas efficace pour l’asthme, car là il faut absolument consulter.

Après, il y a également des conseils de protection. Quand on va dans la nature, bien penser à mettre des lunettes, une casquette, bien se protéger de ces allergènes. Se laver les cheveux tous les soirs, bien changer des vêtements. Ça peut limiter les symptômes.

Est-ce que vous constatez une augmentation de personnes allergiques ? Si oui, comment l’expliquer ?

Bien évidemment ! On a beaucoup de mal à voir tout le monde. Nous, notre rôle est de pouvoir faire des tests pour identifier quel allergène est en cause et pouvoir ensuite proposer des traitements spécifiques pour guérir l’allergie, ce que ne peut pas faire un médecin généraliste.

On pense que l’environnement dans lequel nous vivons, avec la pollution notamment, permet aux allergènes de pénétrer beaucoup plus facilement dans l’appareil respiratoire et donc provoquer plus d’allergies. Ce que l’on mange, les produits transformés, tout ce qui n’est pas naturel, peut aussi jouer un rôle. Et puis, il y a toujours une part génétique, bien évidemment.

Est-ce que la désensibilisation est le seul moyen de s'en débarrasser ?

C’est très efficace. C’est vrai qu’il y a des idées reçues, certaines personnes pensent que cela ne fonctionne pas. Mais en tant qu’allergologue, on voit bien les retours des patients qui sont extrêmement satisfaits.

Je n’ai pas encore évoqué les allergies aux acariens, mais ce type de traitement est très efficace dessus. Les acariens ce sont des petites bestioles qui sont dans la poussière et qui provoquent des allergies, qui sont, elles, présentes toute l’année. C’est notamment la première cause d’asthme allergique, donc c’est très important. Et souvent, les personnes, comme elles sont gênées toute l’année, elles s’habituent et ne pensent pas à consulter, à faire des bilans. La désensibilisation est donc une vraie réponse pour guérir, ça marche extrêmement bien.

Ce sont des protocoles qui durent trois ans, donc c’est un peu contraignant, mais ça en vaut vraiment la peine. Pour les acariens, ce sont des traitements en continu, avec des gouttes ou des comprimés que l’on met sous la langue. L’objectif est d’obliger l’organisme à redevenir tolérant par rapport à l’allergène, qui le fait surréagir lors d'une allergie. Pour les pollens, ce sont des protocoles saisonniers. Mais on commence à désensibiliser environ trois mois avant que les patients commencent à être gênés. Il faut bien anticiper.

Par Baptiste Berthelin