07 septembre 2021
Du jamais vu pour la cour spéciale de Pairs.
Six ans après, la justice va se plonger pendant 9 mois sur les attentats au 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris et Saint-Denis. Un procès titanesque qui doit démarrer ce mercredi 8 septembre pour s’achever le 25 mai 2022.
Tout dans l’organisation de ce procès sonne gigantesque avec les 1765 parties civiles, 330 avocats et les 542 tomes du dossier d’instruction pour un million de pages. Face à ces chiffres démesurés, la cour spéciale de Paris a du faire des aménagements. Une salle entière de 750m² a été construite pour l’occasion pour accueillir les débats, au sein de l’ancien palais de justice de Paris sur l’Île de la Cité.
Une quinzaine de salles de la cour d'appel pourront également être utilisées pour retransmettre les débats soit, au total, une capacité totale de 1000 à 1200 places. Les débats seront retransmis dans ces salles pour que les parties civiles puissent suivre les journées d’audience.
Un dispositif de sécurité exceptionnel
Vingt personnes sont renvoyés devant la cour d’assises durant ce procès, mais seulement quatorze seront présents, dont Salah Abdeslam le seul survivant du commando du Bataclan.
Face à ces conditions, un périmètre va être mis en place les jours d'audience autour du palais de Justice avec des points de fouille à l'entrée du périmètre. La circulation aux alentours de l’Île de la Cité sera également perturbé jusqu’au 25 mai. Pour protéger les victimes et leurs proches qui assisteront au procès, un système de cordon a été prévu pour différencier ceux qui acceptent de témoigner auprès des journalistes et ceux qui refusent.
Un programme chargé pour 145 journées d’audience
Si le procès s’ouvre ce mercredi 8 septembre, la première journée de débat n’est pas attendue avant lundi 13 septembre. Entre temps, il faudra faire l’appel des 1765 parties civiles et résumer vendredi le dossier de l’instruction. A partir du 28 septembre, il sera ensuite l’heure des auditions des rescapés et des proches des victimes des attentats. Le président a prévu une demi-heure par prise de parole, soit cinq semaine semaines d’auditions.
Le 10 novembre, c’est François Hollande qui sera appelé à la barre. L'ancien président de la République est attendu pour témoigner, le soir du 13 novembre il avait quitté précipitamment le Stade de France. Il sera également interrogé sur la politique étrangère de la France.
L’un des moments les plus attendus par les familles des victimes sera le 13 janvier, avec le premier interrogatoire de Salah Abdeslam, quasi muet durant l’instruction.
Par Thomas Bantchik